L’Europe centrale avait rendez-vous avec le pape pour une retraite de quatre jours

CITE DU VATICAN, Dimanche 14 septembre 2003 (ZENIT.org) – Le pape Jean-Paul II n’a pas rencontré que les Slovaques au cours de ce voyage de quatre jours en Slovaquie : des pays voisins sont accourus de nombreux pèlerins pour cette « retraite » exceptionnelle de quatre jours prêchée par Jean-Paul II – traversant le pays de l’Ouest en Est – par la parole mais surtout par l’exemple, selon un proverbe slovaque cité par le pape lui-même.

« L’Eglise catholique ce n’est pas l’Europe occidentale », commentait un journaliste italien ce dimanche, en citant les deux voyages précédents de Jean-Paul II en juin dernier : Croatie et Bosnie. Mais la Slovaquie est une exception en Europe puisque le nombre des catholiques (70% , alors que le pays compte 85% de chrétiens) a augmenté de 10 % par rapport à la décennie précédente.

Jeudi 11 septembre, le pape partait non pas sous le signe des menaces du terrorisme, en ce 2e anniversaire des attentats aux Etats-Unis, mais, comme il l’avait annoncé la veille lors de l’audience générale, en s’apprêtant à fêter le saint Nom de Marie, nom victorieux auquel le pape Innocent XI a attribué la victoire du roi polonais Jan Sobieski à Vienne, le 11 septembre 1683, instituant cette fête en ex voto.

Le voyage du pape marchait vers la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix ou de la Croix glorieuse, ce dimanche, et la fête de Notre-Dame des Douleurs, patronne de la Slovaquie, qui évoque Marie debout au pied de la Croix.

D’emblée, à l’arrivée à l’aéroport, le pape se montrait fatigué et manifestant de réelles difficultés à lire son discours – en slovaque, langue assez proche du polonais -, il se résignait à laisser un collaborateur en poursuivre la lecture.

D’emblée aussi, les Slovaques se montraient reconnaissants des efforts du pape Wojtyla pour venir les encourager, pour la troisième fois, en dépit du poids de ses 83 ans : 102e voyage apostolique hors d’Italie. Jusqu’à ce dimanche, ils lui ont manifesté une affection profonde : des applaudissements et des acclamations s’élevaient pour encourager le vieux lutteur, lorsqu’il montrait des difficultés d’élocution.

D’emblée encore, Jean-Paul II mettait l’accent sur l’Europe. « Europe, retrouve ton âme », titrait le lendemain L’Avvenire. Mai 2004 verra l’intégration de la Slovaquie à l’Union, avec toute la richesse de sa tradition chrétienne, insistait le pape : la Slovaquie doit beaucoup en particulier aux deux frères Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves. L’après-midi, dans la cathédrale de Trnava, très ancien centre religieux et culturel, le pape rappelait à la Nation ses racines chrétiennes. « Une histoire de fidélité au Christ et à l’Eglise », titrait L’Osservatore Romano le lendemain.

Une Europe dont il a été évidemment question dès cette première étape, au cours des conversations avec le président de la République, Rudolf Schuster, le Premier ministre, Pavol Hrusovsky, et le président du Parlement, Mikulas Dzurinda: les plus hautes autorités de l’Etat étaient présentes à l’arrivée du pape, mais aussi lors des autres célébrations, que ce soit dans l’Est du pays ou lors de la béatification et à son départ, ce dimanche, sur le tarmac de l’aéroport de Bratislava. Le président Schuster trouve dans le pape un allié pour ses choix éthiques: il s’est refusé de signer une loi permissive sur l’avortement.

Vendredi 12 septembre, messe en l’honneur du Saint Nom de Marie à Banska Bistrica d’où le pape lançait le synode diocésain sur le thème de la famille, recommandant « d’éduquer les enfants à la vraie liberté ». Des dizaines de milliers de Polonais avaient passé la frontière pour assister à la célébration.

Le pape rencontrait ensuite les séminaristes, la conférence épiscopale et des représentants des autres confessions chrétiennes. Jean-Paul II parlait de « rencontre familiale ».« Votre présence, se réjouissait le pape, manifeste de façon éloquente la collaboration cordiale et l’entente qui caractérisent la vie des disciples du Christ en terre de Slovaquie ».

Il redisait la nécessité de la marche vers l’unité : « Avec vous, je prie le Seigneur tout-puissant qu’il nous fortifie dans notre engagement d’annoncer l’Evangile et d’en témoigner auprès des hommes et des femmes de notre temps. Qu’il daigne hâter le jour où nous pourrons louer ensemble Son Nom dans la pleine communion de la foi et de la charité ».

Samedi, troisième jour du voyage, le pape a fait en avion une boucle de Bratislava à Kosice et Roznava, plus précisément, l’esplanade de Pedrakos, à la périphérie de la ville, dans l’Est de la Slovaquie, à 470 km de la capitale. L’homélie du pape citait un proverbe slovaque : « Les paroles exhortent, mais les exemples entraînent ». Des dizaines de milliers de Hongrois participaient à la célébration. « Votre fidélité, un exemple pour l’Europe », disait Jean-Paul II à l’Eglise de Slovaquie.

Aujourd’hui, à la fin de la célébration de béatification, à Bratislava, de deux martyrs de la persécution communiste, Jean-Paul II a salué tous les peuples d’Europe représentés à la célébration, chacun dans leur langue : hongrois, allemand, ukrainien, tchèque, italien.

Le pape, souriant, s’est envolé de l’aéroport international de Bratislava ce dimanche vers 18 h 15. Les autorités slovaques et la conférence épiscopale slovaque ensemble saluaient d’un mouvement de la main le départ de Jean-Paul II, tandis que les bannières multicolores des fidèles s’agitaient une fois encore en signe d’affection pour le vieux pape qui a fait tant d’efforts pour venir les trouver. Dans l’opinion publique et les media slovaques, une certaine hostilité au voyage pontifical s’était transformée, en quatre jours, en respect.

Arrivé à Ciampino vers 20 h, le pape a rejoint ensuite la résidence pontificale de Castelgandolfo où il restera jusqu’au 27 septembre. Il fera le trajet le mercredi pour l’audience générale.

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