Jean-Paul II hospitalisé : l’activité du Saint-Siège se poursuit

CITE DU VATICAN, lundi 7 février 2005 (ZENIT.org) – Qui gouverne l’Eglise et en particulier le Saint-Siège lorsque le pape – actuellement hospitalisé – n’est pas en mesure de le faire ?

Jean-Paul II a répondu lui-même à cette question, hier dimanche, alors qu’il apparaissait publiquement pour la première fois depuis son hospitalisation dans la nuit du 1er février. « Ici aussi, à l’hôpital, au milieu des autres malades, auxquels vont mes affectueuses pensées, je continue de servir l’Eglise et toute l’humanité », a-t-il affirmé.

« Il y a quelques années les absences du pape du Vatican étaient fréquentes », a expliqué Jean-Michel Coulet, directeur de l’Osservatore Romano en langue française, à Zenit.

« Lorsqu’il effectuait des voyages sur les continents africains ou latino-américains il s’absentait, deux voire même trois semaines d’affilées et cela à plusieurs reprises au cours de la même année. Ce n’est pas pour autant que l’activité du Vatican s’en trouvait ralentie. Dès le début de son pontificat Jean-Paul II a imprimé une façon bien à lui d’exercer son magistère de pape : il l’exerce aussi bien à l’hôpital qu’au Vatican ou même dans n’importe quel lieu où il se trouve, quel que soit le pays ou la ville », a-t-il ajouté.

Rappelons qu’en un peu plus de 26 ans de pontificat, Jean-Paul II a été près de deux ans absent du Vatican, exactement 543 jours, au cours desquels il a visité 129 pays, effectuant 104 voyages internationaux.

Les audiences, annulées depuis le 30 janvier, ont été remplacées par l’envoi de messages aux différents groupes ou personnes que le pape devaient recevoir en privé.

L’accueil d’hommes politiques ou de certaines personnalités est en revanche assuré par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican. C’est lui par exemple qui a reçu vendredi dernier Josep Borrell, le président du Parlement européen et c’est lui qui recevra Condoleeza Rice, nouvelle secrétaire d’Etat des Etats-Unis, demain mardi. Mais là aussi rien ne change vraiment car la pratique veut que toute personnalité politique en visite au Vatican rencontre le cardinal secrétaire d’Etat en sortant du bureau du pape.

Pour les célébrations liturgiques, le pape est remplacé par des cardinaux ou des évêques de la curie romaine. Le 2 février, c’est l’archevêque Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, qui a présidé l’eucharistie de la Journée mondiale de la vie consacrée.

Pour la célébration du mercredi des Cendres, le 9 février prochain, le pape sera remplacé par le cardinal américain James Francis Stafford, pénitencier majeur de la Pénitencerie apostolique, dans la Basilique Saint-Pierre, comme l’a annoncé ce samedi le Bureau de presse du Saint-Siège.

Indépendamment de l’état de santé du pape, l’activité du Saint-Siège sera par ailleurs interrompue à partir du dimanche 13 février, date à laquelle commenceront les Exercices spirituels de carême du pape et de la curie romaine. Si sa santé le permet, Jean-Paul II participera à cette semaine de prière et de réflexion, avec ses collaborateurs du Vatican (cardinaux responsables des différents dicastères, les prélats employés dans les deux sections de la secrétairerie d’Etat : celle pour les affaires générales, et celle pour les relations avec les Etats).

La vie des Congrégations, Conseils pontificaux, Tribunaux, etc. se poursuit normalement même lorsque le pape est absent.

« Chacun de nous a l’autorité et la capacité de poursuivre son travail dans son propre domaine », a expliqué le cardinal Stafford le 3 février au quotidien italien « La Repubblica ».

« Je dois par exemple répondre avec mes collaborateurs aux personnes qui s’adressent au Saint-Siège pour obtenir de l’aide dans des cas de conscience ou pour répondre à des questions liées à « des péchés réservés ». C’est la volonté de l’Eglise et du pape que nous poursuivions la tâche qui nous a été confiée », a expliqué le cardinal Stafford.

« S’il y avait un problème, le cardinal Sodano interviendrait. Je l’ai toujours trouvé ouvert et disponible », a-t-il poursuivi.

Le Saint-Siège a rendu publiques des nominations, certaines portant la marque directe de Jean-Paul II comme par exemple l’annonce ce samedi de la nomination du cardinal Francesco Marchisano, 75 ans, à qui le pape a conféré l’épiscopat, comme président du bureau du travail du Saint-Siège.

Le cardinal Marchisano est archiprêtre de la Basilique Saint-Pierre. Le pape lui a adjoint comme coadjuteur l’archevêque italien Angelo Comastri, jusqu’à présent archevêque-prélat de Lorette et délégué pontifical pour le Sanctuaire de Lorette.

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