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Irak : le pape « disponible » pour aller sur place

Il plaide pour « arrêter l’agresseur »

Le pape François est « disponible » pour se rendre auprès des minorités irakiennes persécutées, réfugiées dans le Kurdistan irakien : c’est ce qu’il a déclaré dans l’avion qui le ramenait de Séoul à Rome, au terme de cinq jours de voyage apostolique en Corée du Sud (13-18 août 2014).

Il a aussi plaidé pour « arrêter l’agresseur injuste », en discernant au niveau de l’ONU sur les moyens les plus appropriés : « il est licite d’arrêter l’agresseur injuste… pas bombarder, faire la guerre : l’arrêter. »

Le pape a atterri à Rome-Ciampino un peu avant 18h hier soir, 18 août, après plus de 11h30 de vol, survolant l’espace aérien de 11 pays. Durant le vol, il a longuement répondu aux questions des journalistes, comme il l’avait fait au retour de ses deux précédents voyages internationaux : du Brésil en juillet 2013 et de Terre Sainte en mai 2014.

Disponible pour se rendre au Kurdistan

Parmi les thèmes abordés, celui de la situation itakienne, que le pape évoque lui-même quotidiennement. Il s’est dit « disponible » pour se rendre au Kurdistan : « Oui, je suis disponible : quand nous avons entendu parler, avec mes collaborateurs, de la situation des minorités religieuses et du problème du Kurdistan qui ne pouvait pas accueillir tant de monde, nous avons envisagé beaucoup de choses. »

« Nous avons, tout d’abord, écrit le communiqué qu’a fait le P. Lombardi en mon nom », a expliqué le pape. Dans ce communiqué du 7 août dernier, il exprimait sa préoccupation pour « les populations sans défense du nord de l’Irak ». Renouvelant « sa proximité spirituelle à tous ceux qui souffrent », il lançait à la communauté internationale un appel urgent à « protéger toutes les personnes touchées ou menacées par la violence, et à garantir l’assistance nécessaire à la multitude de gens chassés de leurs foyers ».

« Ce communiqué a été envoyé à toutes les nonciatures pour qu’elles le communiquent aux gouvernements », a précisé le pape aux journalistes. Sa deuxième décision a été de faire parvenir une lettre au Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, le 9 août (cf. Zenit du 13 août 2014).

Enfin, le pape a désigné un « envoyé personnel en Irak », le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, qui se trouve en mission dans le pays depuis le 12 août dernier.

Dernière éventualité : « finalement, nous nous sommes dit : si c’était nécessaire, à notre retour de Corée, nous pouvons y aller. C’était une des possibilités… Je suis disponible. En ce moment, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux à faire, mais je suis disponible pour cela », a-t-il affirmé.

Arrêter l’agresseur injuste est licite

Le pape s’est également prononcé sur la réponse de la communauté internationale à apporter à cette situation : « Quand il y a une agression injuste, il est licite d’arrêter l’agresseur injuste. Je souligne le verbe : arrêter. Je ne dis pas bombarder, faire la guerre : l’arrêter. »

Mais cette décision doit être réfléchie : « Les moyens avec lesquels on peut les arrêter devront être évalués… Combien de fois, sous prétexte d’arrêter l’agresseur injuste, les puissances se sont-elles emparé des peuples et ont-elles fait une véritable guerre de conquête ! »

En outre, a-t-il mis en garde, « une seule nation ne peut pas juger de la façon dont on arrête un agresseur injuste. Après la seconde guerre mondiale, on a eu l’idée des Nations-Unies : c’est là qu’il faut discuter et dire : « C’est un agresseur injuste ? Il semble que oui. Comment pouvons-nous l’arrêter ? ». Mais seulement cela. Rien de plus. »

Le pape a souligné non seulement « le droit de l’humanité à arrêter l’agresseur injuste » mais aussi « le droit de l’agresseur à être arrêté pour ne pas faire de mal ».

Il a exprimé en ce sens sa préoccupation pour les minorités quelles qu’elles soient : « C’est vrai, les chrétiens souffrent… et oui, il y a beaucoup de martyrs. Mais il y a aussi des hommes et des femmes, des minorités religieuses, pas toutes chrétiennes, et ils sont tous égaux devant Dieu. »

Avec une traduction de Constance Roques

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