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Guérisons: « L´incomparable valeur thérapeutique de l´amour de Dieu »

L´Eglise encourage les prêtres à rendre visite aux malades

CITE DU VATICAN, Mercredi 14 novembre 2001 (ZENIT.org) – « L´incomparable valeur thérapeutique de l´amour de Dieu » et la prière de guérison a fait l´objet d´un colloque à Rome. L´Eglise catholique encourage les prêtres à rendre visite personnellement aux malades.

Un colloque s´est en effet tenu au sanctuaire romain du « Divino Amore » pour favoriser la réflexion sur les pratiques de la prière de guérison et le discernement entre pratique sectaire ou authentiquement catholique. Un colloque sur la « prière de guérison » et le renouveau charismatique catholique a été organisé avec la participation du cardinal James Francis Stafford, président du conseil pontifical des Laïcs (CPL) et Mgr Tarcisio Bertone, secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi. Ce dernier dicastère a récemment publié une instruction sur le sujet. Le colloque est organisé par le CPL et l´International Catholic Charismatic Renewal Services (ICCRS) pour le renouveau charismatique.

Le Renouveau charismatique est un mouvement spirituel qui rassemble actuellement quelque 120 millions de catholiques dans 235 pays, expliquait Oreste Pesare, directeur à l´ICCRS depuis 1996.

Le prédicateur de la Maison pontificale, le P. Raniero Cantalamessa, Capucin, et bon connaisseur du renouveau charismatique tant aux Etats-Unis (où il l´a découvert) qu´en France (il a été invité à des session du Chemin Neuf ou de l´Emmanuel par exemple) explique: «La guérison spirituelle n´est pas liée seulement à la conversion du péché, mais aussi aux traumatismes, aux carences affectives, y compris la non acceptation de soi-même».

Il faut prier, recommande-t-il, pour être «libérés de la peur dont nous sommes abreuvés: le terrorisme est une menace réelle, et non pas vague, mais la peur accentuée jusqu´au paroxysme équivaut à accepter la défaite. Confions-nous à la Parole, à l´incomparable valeur thérapeutique de l´amour de Dieu au baume de l´Esprit Saint».

Le P. Cantalamessa souligne que c´est au cours de la prière de louange «qu´advient le changement le plus profond: il libère parce qu´elle nous détourne de nous-mêmes pour nous concentrer sur Dieu».

«Le charisme de guérison est un instrument de la nouvelle évangélisation», affirmait pour sa part le président de l´ICCRS, Allan Panozza. Il évoquait la «consolation de la guérison par la prière de la communauté».

Mais il ne s´agit pas d´oublier pour autant, précisait le cardinal Stafford, que la maladie «n´est pas seulement un mal, mais une occasion de glorifier Dieu». Si la guérison représente comme une «anticipation» de la résurrection, «le Christ guérit et sauve en signe d´une guérison plus profonde: c´est dans le péché que réside la vraie maladie de l´homme».

Le P. Albert Vanhoye, sj, Secrétaire de la Commission biblique internationale rappelait que c´est toujours la foi qui rend possibles les miracles de Jésus.

Mais la foi ne doit pas être conçue «d´après des catégories magiques», insistait le cardinal Stafford.

Les activités des sectes croisent en effet dans ce domaine des pratiques authentiquement catholiques. C´est pourquoi Mgr Bertone mettait en garde contre «des ressources ésotériques trompeuses» telles que «l´onction d´une huile de provenances diverses». «La société a rendu les personnes plus fragiles, et elles ressentent le besoin d´être consolées et guéries, constatait Mgr Bertone,

L´image du Christ thaumaturge est enracinée dans la tradition chrétienne primitive et aujourd´hui encore tout particulièrement dans la christologie africaine. Mgr Bertone invitait donc les prêtres à rendre visite personnellement aux malades.

Pourtant, le désir des foules de voir un miracle « s´exaspère » parfois au cours de rassemblements intenses en émotions, remarquait Mgr Bertone, et l´on attache « une confiance excessive au rite de l´imposition des mains, jugé plus utile que le sacrement de la pénitence qui au contraire conserve toujours sa force transformante ».

Devant la maladie, affirme Mgr Bertone, tout croyant est appelé à prier, parce que «la valeur de la souffrance offerte dans le Christ est un fait que l´on ne peut éliminer de la foi, et qui doit être évangélisé, dans une société qui propose l´euthanasie». La souffrance est aussi « un moyen de croissance spirituelle et un temps de grâce ». C´est donc un devoir de prier pour la guérison des malades, disait Mgr Bertone, et l´on peut le faire partout, même s´il est préférable de le faire en un lieu sacré, et sous la présidence d´un ministre.

Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes a pour sa part évoqué l´actualité de ces thèmes dans la vie des sanctuaires. On peut consulter à ce propos le portail de la ville de Lourdes et des sanctuaires: http://www.lourdes-france.com. Le site propose une page sur les guérisons miraculeuses. On sait aussi la sérénité dont tant de malades, qui n´ont pas été guéris physiquement, témoignent à leur retour de pèlerinage.

Le P. Fidel González, consulteur de la congrégation pour les causes des saints et professeur d´histoire de l´Eglise, soulignait la nécessité d´une catéchèse adaptée car la maladie est «un appel profond à rechercher le sens de la vie». Il citait l´exemple du bienheureux Padre Pio qui «continue à opérer des miracles de guérisons».

Pour ce qui est des guérisons «intérieures», on observe des «visages sereins et des changements de vie», constatait Oreste Pesare.

Pour ce qui est des « risques » des « abus », des « déviations », l´instruction de la congrégation pour la doctrine de la foi sur les prières à Dieu pour obtenir la guérison, du 14 septembre 2000 (publiée le 23 novembre, cf: http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/index_fr.htm) recommande, pendant la prière, qu´«on n´en vienne pas, surtout de la part de ceux qui les dirigent, à des formes semblables à l´hystérie, à l´artificialité, à la théâtralité ou au sensationnalisme» (art. 5).

Le P. Mihály Szentmártoni, jésuite, professeur de psychologie pastorale à l´Institut de Sciences religieuses de l´université pontificale grégorienne, et auteur d´un livre en italien sur le sujet (« Camminare insieme. Psicologia pastorale », San Paolo éd.), a pour sa part approfondi le thème de l´assistance aux malades, et aux moribonds, aux personnes handicapées, et aux femmes qui vivent le syndrome post-avortement.

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