France: on réduit à néant les possibilités de faire réfléchir des gens

Réactions de l’archevêque de Paris à l’actualité

« On réduit à néant les possibilités de faire réfléchir des gens », déplore le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, à propos d’un projet de loi français sur l’avortement. La loi Veil, du 17 janvier 1975, visait à « réduire les méfaits et le nombre des avortements », mais on n’a pas réduit leur nombre, constate l’archevêque, et l’on va vers une « logique de banalisation ».

Une modification de la loi française pour banaliser un droit à l’avortement sera débattue à l’Assemblée nationale, à Paris, à partir du 20 janvier, tandis que le ministère français de la Justice qui propose que les divorces par consentement mutuel puissent être simplement enregistrés par des greffiers.

Le cardinal Vingt-Trois réagit à cette actualité dans son entretien hebdomadaire du 10 janvier sur Radio Notre Dame. En voici des extraits.

A propos de la loi sur l’avortement:

« Si le projet de loi passe, on fait glisser l’avortement d’une « solution » désastreuse dans des cas de détresse extrême à une solution banale à laquelle on peut recourir dans n’importe quelle circonstance. Cela veut dire, comme on l’a déjà fait en supprimant l’entretien préalable, que l’on réduit à néant les possibilités de faire réfléchir des gens. On n’est plus du tout dans la vision législative actuelle (…). On est dans la situation d’un avortement de convenance. »

« Depuis bientôt 40 ans que la loi Veil a été promulguée, – ce  n’était pas une loi du droit à l’avortement mais une loi de non pénalisation de l’avortement, c’est-à-dire une loi qui essayait de réduire les méfaits et le nombre des avortements -, on n’a pas réduit le nombre des avortements. Au contraire, on est entré dans une logique de banalisation de l’avortement, qui était prévisible et que nous avions annoncée. »

Le divorce devant greffier

« Par ailleurs, les projets concernant le divorce sont encore une façon pour la société d’occulter ses conséquences nocives : faire comme si le divorce n’avait pas de conséquences. Le consentement mutuel, ce peut être un accord dans lequel on ne sait pas qui cède à l’autre. Et cela ne supprime pas la crise que représente le divorce, pour les personnes qui divorcent elles-mêmes, et pour leurs enfants dont personne ne parle (…). »

Pour écouter l’entretien complet, suivre ce line:

http://radionotredame.net/emission/l-entretien-du-cardinal/