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France : Marie-Thérèse Dupouy Bordes, religieuse, malgré sa famille

La cause de béatification d’une religieuse française, morte en Espagne, franchit une étape décisive.

La religieuse française Mère Marie-Thérèse Dupouy Bordes (1873-1953) pourrait être béatifiée, moyennant la reconnaissance d’un miracle.

Le pape François a en effet reçu en audience jeudi soir, le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, et il a autorisé le dicastère à publier 8 décrets concernant la reconnaissance des “vertus héroïques”, selon l’expression technique, de 8 serviteurs et servantes de Dieu.

Cela signifie en quelque sorte la reconnaissance de la sainteté de leur vie. Pour leur béatification, il faudra l’authentification d’un miracle attribué à leur intercession, comme confirmation de leur sainteté. Et pour l’éventuelle canonisation, un second miracle survenu après la béatification.

Le collège de la vocation

Parmi eux, une religieuse française, Marie-Thérèse Dupouy Bordes (au siècle : Marie-Charlotte), religieuse du Sacré-Coeur, fondatrice des Missionnaires des Sacrés-Coeurs de Jésus et Marie, née à  Saint Pierre d’Irube (France) le 6 mai 1873, et morte à Saint-Sébastien (Espagne) le 26 mai 1953.

Marie Joséphine Charlotte est née dans la maison “Etchechuri” de Saint-Pierre d’Irube, village situé à quelques kilomètres de Bayonne, où sa mère Catherine habite avec sa famille alors que le père, August Edouard Dupouy, vit à San Sebastian (Saint-Sébastien, en Espagne), où il est propriétaire du très élégant “Hôtel de Londres”.

Ses parents la baptisent deux fois : elle est ondoyée immédiatement après sa naissance parce qu’ils croyaient qu’elle allait mourir, puis le 15 juin a lieu le baptême solennel dans l’église paroissiale de Saint-Martin.

Au moment de sa confirmation, le 19 juin 1884, elle prend sainte Thérèse de Jésus (d’Avila) pour patronne et ajoute son nom au sien : elle s’appellera désormais Marie-Thérèse (Maria Teresa).

La plus grande partie de son enfance se déroule à San Sebastian, où la petite famille se trouve insérée dans la vie de la haute société durant les mois d’été.

Trop gâtée par tous, Marie-Thérèse est confiée à un collège, fondé par la Congrégation des Servantes de Marie – du Père Cestac – en 1882, qui lui réussit bien.

Un rêve décisif

Elle y fait rêve qu’elle raconte dans son autobiographie : “A 9 ans, (…) je vous écrivis une lettre ô Marie demandant de vous montrer à moi car je désirais bien vous connaître. En effet je vous vis en rêve mais de façon à ne jamais vous oublier, oh ! que vous étiez belle mais surtout bonne …vous m’entouriez de votre manteau me pressant sur votre cœur quand tout à coup je vis quantité d’enfants que des animaux féroces dévoraient. Je voulus m’élancer pour les sauver, mais vous souriant m’avez dit : « Tu es trop petite maintenant, quand tu seras grande ».”

C’est alors qu’elle entend l’appel de Jésus à le suivre dans la vie religieuse: pendant douze ans, elle se heurte à l’opposition de ses parents, car elle était fille unique et le jour où elle révèle sa vocation à ses parents sa mère tombe gravement malade. Son père va jusqu’à l’accuser de tuer sa mère avec ses “idées extravagantes”. Mais la maman se rétablit.

Pour détourner Marie-Thérèse de la vie religieuse, ses parents la retire du collège, l’introduise dans la société mondaine, l’emmènent au théâtre, en voyage … Elle écrit ceci de cette épreuve douloureuse : “M’étais-je trompée sur ma vocation? Est-ce que j’allais être la cause de la mort de maman? Le démon faisait rage… C’était l’heure de la puissance des ténèbres… Mais Notre Seigneur soutint ma faiblesse… Je savais qu’Il ne pouvait pas me tromper. « In te, Domine, speravi » … Le « Scio cui credidi » fit ma force en cette nuit de Gethsémani.”

C’est ainsi que sa vocation mûrit et, en 1898, à 25 ans, le 16 juin 1898, avant l’aube, Marie-Thérèse s’enfuit de la maison paternelle pour entrer dans la Société des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus.

Elle passe la plupart de ses années de formation en France, puis quand la Congrégation fonde son collège à San Sebastian, c’est là qu’elle est envoyée – ce qui lui permettra de tisser une nouvelle relation avec ses parents.

Le catéchisme et les pré-séminaires

En 1914, comme sacristine, elle se rend compte de l’ignorance religieuse de ses deux enfants de chœur et elle commence à leur faire le catéchisme.

Un jour, un garçon de 10 ans les rejoint : il refusait de continuer à travailler dans le salon de coiffure où il avait été placé parce que, disait-il, il entendait « dire des péchés » et qu’il voulait être missionnaire comme son oncle.

Elle raconte : « Les enfants de chœur amenèrent au catéchisme un frère, un ami, ce fut la boule de neige, trop nombreux pour les réunir à la sacristie. Ma Mère Supérieure m’engagea à les prendre dans une salle vide de l’école ; ils furent 25 puis 50 ! »

A la mort de Mère Marie-Thérèse Dupouy, le 26 mai 1953, elle avait fondé des communautés et des pré-séminaires en Espagne, en France (Dax), en Asie, et dans deux pays d’Amérique latine. 

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