Exactions en RDC : Un silence « complice » de l’opinion internationale ?

Le président de la conférence épiscopale secoue l’opinion

ROME, Vendredi 9 octobre 2009 (ZENIT.org) – Si l’opinion publique ne dénonce pas les exactions en République démocratique du Congo, elle risque de se retrouver « complice » des violents, avertit un évêque de RDC qui met ainsi en cause le silence international.

Mgr Nicolas Djomo Lola, évêque de Tshumbe, président de la conférence épiscopale de la République démocratique du Congo, interpelle la communauté internationale et dénonce la convoitise des richesses naturelles de son pays.

L’évêque a fustigé « les mensonges et les subterfuges utilisés par les prédateurs et commanditaires de ces guerres et violences ». Et d’expliquer que « le tribalisme sans cesse évoqué pour rendre compte de ces guerres en République Démocratique du Congo n’est qu’un paravent », car « la diversité ethnique est instrumentalisée pour se donner l’occasion de piller les ressources naturelles ».

<p>C’est la seconde intervention d’un évêque de RDC après celle de Mgr François Xavier Maroy Rusengo, archevêque de Bukavu, qui a suscité une réponse du synode qui interpelle les autorités légitimes du pays (cf. Zenit du 8 octobre 2009, dépêche et Lettre du synode en « Documents »).

« Nous déplorons, a déclaré Mgr Djomo Lola, le fait que la Communauté internationale ne fasse pas assez pour mettre fin à ces guerres et violences, en s’intéressant suffisamment à leurs véritables causes : le pillage des ressources naturelles. Elle s’est limitée à soigner les conséquences des guerres au lieu de s’attaquer avec détermination et de manière persuasive à leurs causes ».

Et pour ce qui concerne la réaction des opinions publiques, l’évêque a aussi déploré que « les souffrances et les vies humaines fauchées en République Démocratique du Congo par ces guerres n’ont pas suscité la même indignation et la même condamnation que lorsque cela arrive sous d’autres cieux ».

« Sinon, ajoute-t-il, comment expliquer la résurgence et la virulence des violences que l’on continue de condamner du bout des lèvres sans envisager d’actions efficaces de manière à mettre fin une fois pour toutes aux causes de ces violences. Ne partageons-nous pas la même humanité ? »

Dans le cadre de la mondialisation, il souhaite des « actions concertées et globales » pour « venir à bout des violences faites à l’Afrique par la prédation de ses ressources, afin de permettre finalement à ce continent, en ce début du troisième millénaire, de vivre également dans la paix et de se développer dans la solidarité avec les autres ».

Enfin, il suggère que « le Synode convie d’abord tous les chrétiens au nom de notre foi en Jésus Christ, qui par son sacrifice suprême sur la croix nous a donné la vraie mesure de la dignité de chaque personne humaine ; et ensuite, qu’il invite tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, au nom de notre humanité commune, à condamner et à dénoncer publiquement les commanditaires des guerres et des violences en Afrique. Sinon nous sommes complices du mal fait à notre frère ».

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