Equateur : elles ont « touché la chair souffrante du Christ dans le peuple »

Pour la seconde fois, le pape François donne en modèle les saintes de l’Equateur.

The Metropolitan Cathedral of Quito (Ecuador)

WIKIMEDIA COMMONS - putneymark

Le pape dit avoir confié son voyage à l’intercession d’une sainte équatorienne dont la statue est à Saint-Pierre : sainte Marie-Anne de Paredes, tertiaire franciscaine en Equateur (✝ 1645). Il cite aussi deux autres saintes du pays, dans son allocution à la cathédrale de Quito, lundi soir, 6 juillet : sainte Narcisse de Jésus et la bienheureuse Mercedes de Jésus Molina. « Les saints nous invintent à nous mettre à leur école », a insisté le pape.

Le pape s’est rendu, lundi soir, à la cathédrale de Quito, capitale d el’Equateur et il s’est recueilli devant le Saint-Sacrement. Il a ensuite adressé quelques mots à la foule rassemblée sur la place avant de repartir à la nonciature apostolique.

« Elles n’ont pas réalisé de grandes prouesses aux yeux du monde. Elles ont beaucoup aimé seulement, et elles l’ont démontré dans le quotidien jusqu’à arriver à toucher la chair souffrante du Christ dans le peuple », a fait observer le pape en exhortant à suivre leur exemple.

Le pape a invité offrir « notre prière, nos bonnes œuvres, notre sacrifice en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin ».

Le pape avait déjà citée ces trois saintes dans son discours à l’aéroport de Quito, dimanche soir, aux côtés du saint frère Miguel Febres
Le martyrologe romain, qui fête sainte Marie-Anne le 26 mai, la présente ainsi : « À Quito en Équateur, l’an 1645, sainte Marie-Anne de Jésus de Paredes, vierge, qui consacra sa vie au Christ dans le Tiers-Ordre de Saint-François, et dépensa ses forces à subvenir aux besoins des pauvres indigènes ou noirs. »

Elle était restée orpheline à l’âge de six ans et elle fut alors recueillie par sa sœur Jeronima, maman de deux fillettes. Une de leurs occupations était de prier le chapelet pour que les Indiens Maïnas accueillent l’Evangile.  Elles avaient projeté d’aller leur parler de Jésus en s’échappant la nuit, mais cette nuit-là, et elles en furent très tristes, elle ne se réveillèrent pas. Elles passèrent au projet de partir se faire ermites. Un troupeau les effraya au point qu’elles rebroussèrent chemin. Jeronima et son mari pensèrent que Marie-Anne avait sa place dans un couvent, mais elle n’était pas de cette idée. Ils mirent alors à la disposition des trois jeunes filles un logement, où elles pouvaient chanter les offices en s’accompagnant à la guitare.

Mais Maria-Anne s’adonnait aussi à la pénitence et au jeûne et, à 27 ans, elle en tomba malade. Elle offrit alors sa vie pour que s’arrête une épidémie qui décimait la population de Quito. Son offrande fut exaucée.

Allocution du pape François

Chers frères,

Je viens à Quito comme pèlerin, pour partager avec vous la joie d’évangéliser. Je suis parti du Vatican en saluant l’image de sainte Marie-Anne de Jésus, qui depuis l’abside de la basilique Saint-Pierre veille sur le chemin que le Pape parcourt tant de fois. A elle, j’ai recommandé aussi le fruit de ce voyage, en lui demandant que tous nous puissions suivre son exemple. Son sacrifice et son héroïque vertu sont représentés par un lys. Cependant, selon la statue à Saint-Pierre, elle porte tout un bouquet de fleurs, parce qu’avec la sienne elle présente au Seigneur, dans le cœur de l’Église, les fleurs de vous tous, celles de tout l’Équateur.

Les saints nous appellent à les imiter, à nous mettre à leur école, comme l’ont fait sainte Narcisse de Jésus et la bienheureuse Mercedes de Jésus Molina, interpellées par l’exemple de sainte Marie-Anne… Combien de ceux qui sont aujourd’hui ici souffrent ou ont souffert du fait d’être orphelin, combien ont dû, bien qu’étant jeunes, prendre en charge des frères, combien s’efforcent chaque jour de prendre soin de malades ou de personnes âgées ; ainsi l’a fait Marie-Anne, ainsi l’ont imitée Narcisse et Mercedes. Ce n’est pas difficile si Dieu est avec nous. Elles n’ont pas réalisé de coses exceptionnelles aux yeux du monde. Elles ont beaucoup aimé seulement, et elles l’ont démontré au quotidien jusqu’à arriver à toucher la chair souffrante du Christ dans le peuple (cf. Evangelii gaudium, n. 24).

Elles ne l’ont pas fait seules, elles l’ont fait « avec » d’autres ; le transport des matériaux, les travaux et la maçonnerie de cette cathédrale ont été réalisés à notre manière, à la manière des peuples autochtones; un travail de tous en faveur de la communauté, un travail anonyme, sans affiches publicitaires et ni applaudissements : plaise à Dieu que, comme les pierres de cette cathédrale nous chargions sur nos épaules les besoins des autres, et qu’ainsi nous aidions à édifier ou à restaurer la vie de tant de frères qui n’ont pas de forces pour la construire ou qui l’ont vue s’écrouler.

Aujourd’hui je suis ici avec vous, qui m’offrez la joie de vos cœurs : “Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles” (Is 52, 7). C’est la beauté que nous sommes appelés à répandre, comme le bon parfum du Christ : notre prière, nos bonnes œuvres, notre sacrifice pour les plus nécessiteux. C’est la joie d’évangéliser et “sachant cela, heureux êtes-vous si vous le faites” (Jn 13,17).

Que Dieu vous bénisse.

© LEV avec Zenit, Anita Bourdin

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

Abonnez-vous au service quotidien de ZENIT par courriel

Des informations sur le pape François et l'Eglise chaque jour par courriel

Merci de vous être abonné!