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Enthousiasmez les jeunes pour le mariage et la famille !

Rencontre avec les cardinaux et évêques présents à la VIIIe Rencontre mondiale des familles de Philadelphie. Il leur demande cette « conversion pastorale » à l’enthousiasme pour la famille.

« La famille n’est pas d’abord et avant tout une cause de préoccupations », déclare le pape aux évêques et cardinaux du monde présents à la VIIIe Rencontre mondiale des familles. Il les appelle dans ce sens à une « conversion pastorale » à un changement de perspective : enthousiasmez les jeunes ! « La famille est notre alliée, notre fenêtre sur le monde ! »
Il les a rencontrés au séminaire Saint-Charles-Borromée de Philadelphie, ce dimanche matin, 27 septembre 2015.

La conversion pastorale à l’enthousiasme</p>

« Il faut enthousiasmer les jeunes pour qu’ils courent ce risque, un risque de fécondité et de vie », demande le pape car « la famille est notre alliée, notre fenêtre sur le monde ! ».

«  Pour l’Église, la famille n’est pas d’abord et avant tout une cause de préoccupations, mais plutôt la joyeuse confirmation de la bénédiction de Dieu sur le chef d’œuvre de la création. Chaque jour, à travers le monde, l’Église peut se réjouir du don du Seigneur de tant de familles qui, même au milieu de dures épreuves, restent fidèles à leurs promesses et gardent la foi ! », déclare d’emblée le pape, avant d’ajouter : « Je voudrais dire que le principal défi pastoral de notre époque en évolution est d’aller résolument vers la reconnaissance de ce don. »

« Gratitude et appréciation devraient prévaloir sur les préoccupations et les plaintes », avertit le pape.

Il affirme : « La famille est le lieu fondamental de l’alliance entre l’Église et la création de Dieu. Sans la famille, même l’Église n’existerait pas. »

Il invite les évêques à l’enthousiasme : « En tant que pasteurs, nous, Evêques, sommes appelés à unir nos forces et à rebâtir l’enthousiasme pour faire en sorte que les familles correspondent toujours davantage pleinement à la bénédiction de Dieu, selon leur vocation ! Nous avons besoin d’investir nos énergies non pas tant en ressassant les problèmes du monde qui nous entoure et les mérites du christianisme, mais en adressant une invitation sincère aux jeunes à être courageux et à opter pour le mariage et la famille. »

« Il faut enthousiasmer les jeunes pour qu’ils courent ce risque, un risque de fécondité et de vie », demande le pape et, en souriant, il ajoute ces paroles à celles d’une maman qui se lamente que son fils ne se marie pas : « Madame, arrêtez de lui repasser ses chemises ! »

Il demande aux évêque de l’audace et de la franchise, ce que saint Paul appelle en grec la « parrhesia », qui doit les conduire à  interpeller les jeunes : « Pourquoi tu ne te maries pas ? », une « sainte parrhesia pour les accompagner et les faire mûrir jusqu’à l’engagement du mariage ».

Il dénonce un « cercle vicieux » pastoral : « Un christianisme qui « fait » peu concrètement, tout en « dispensant » son enseignement, est dangereusement déséquilibré. Je voudrais même dire qu’il est coincé dans un cercle vicieux. »

Voilà l’attitude que le pape recommande aux pasteurs : « Un pasteur doit montrer que « l’Evangile de la famille » est vraiment « bonne nouvelle » dans un monde où l’égoïsme semble régner de façon absolue ! Nous ne parlons pas d’un rêve romantique : la persévérance nécessaire pour avoir une famille et pour la faire grandir transforme le monde et l’histoire humaine. »

Il les veut « passionnés » : « Un pasteur proclame la parole de Dieu sereinement mais passionnément. Il encourage les croyants à viser haut. Il rendra ses frères et sœurs capables d’écouter et d’expérimenter la promesse de Dieu, qui peut étendre leur expérience de la maternité et de la paternité à l’horizon d’une nouvelle « familiarité » avec Dieu. »

Il les invite à cultiver la prière et la prédication, que le reste soit fait seulement si ces deux piliers de leur ministère leur « laisse le temps ».

Il réaffirme avec force : « La famille est notre alliée, notre fenêtre sur le monde, et l’évidence d’une bénédiction irrévocable de Dieu destinée à tous les enfants qui, à chaque époque, sont nés dans cette création difficile et cependant belle que Dieu nous a demandé de servir ! »

Le piège pastoral à éviter

Certes, reconnaît-il, « les chrétiens ne sont pas « immunisés » contre les changements de leurs temps ».

Pour illustrer le changement, il a pris l’image des « boutiques de quartier » et des « grands supermarchés »: « d’immenses espaces avec une gamme variée de marchandises ».

Il décrit cette société : « Il n’y a plus de relations personnelles de proximité. La culture d’aujourd’hui semble encourager les gens à ne nouer de relations avec rien ni avec personne, à ne pas faire confiance. Aujourd’hui, suivre la dernière tendance ou activité semble être la chose la plus importante. C’est vrai, même de la religion. De nos jours, le consumérisme détermine ce qui est important. Consommer les relations, consommer les amitiés, consommer les religions, consommer, consommer… Peu importent le coût ou les conséquences. Une consommation qui ne favorise pas la relation, une consommation qui a peu à voir avec les relations humaines. »

Le pape souligne la solitude que crée cet état de fait. Mais il ne veut pas s’en tenir au diagnostic ni rejeter la responsabilité sur les jeunes qui ne se marient plus : « Devrions-nous blâmer nos jeunes gens parce qu’ils ont grandi dans ce genre de société ? Devrions-nous les condamner parce qu’ils vivent dans ce genre de monde ? Devraient-ils écouter leurs pasteurs qui disent que tout était mieux avant, que le monde s’écroule et que si les choses continuaient ainsi, qui sait où nous aboutirions ? Non, je ne pense pas que ce soit la bonne voie. »

Voici donc la conversion pastorale au « réalisme » qu’il préconise : «  En tant que pasteurs suivant les pas du Dieu Pasteur, nous sommes appelés à rechercher, à accompagner, à relever, à soigner les blessures de notre temps ; à regarder les choses de manière réaliste, avec les yeux de quelqu’un qui se sent appelé à l’action, à la conversion pastorale. Le monde, de nos jours, demande cette conversion de notre part. »

Il invite à éviter une méprise commune, un « piège » : « Nous nous méprendrions, cependant, si nous voyions cette « culture » du monde contemporain comme une pure indifférence vis-à-vis du mariage et de la famille, comme un pur et simple égoïsme. Est-ce que les jeunes d’aujourd’hui sont irrémédiablement timides, faibles, inconsistants ? Nous ne devons pas tomber dans ce piège. »

Il décrit cette attitude des jeunes : « Beaucoup de jeunes gens, dans le contexte de cette culture de découragement, ont cédé à une forme de consentement inconscient. Ils sont paralysés lorsqu’ils rencontrent les beaux défis, nobles et vraiment nécessaires, auxquels la foi les confronte. Beaucoup reportent le mariage, attendant des conditions idéales, quand tout sera parfait. Pendant ce temps, la vie continue, sans être réellement vécue pleinement. »

Il rappelle ses paroles au Congrès des États-Unis où il disait notamment : « Au risque de simplifier à l’extrême, nous pourrions dire que nous vivons dans une culture qui pousse les jeunes à ne pas fonder une famille, parce qu’il n’y a pas de perspectives d’avenir. Par ailleurs, la même culture offre à d’autres tant d’options qu’ils sont aussi dissuadés de créer une famille. »

Au terme de la rencontre le pape, a remis aux évêques des États-Unis la statue de la Vierge del Cobre que les évêques cubains lui ont remis pour une communauté cubaine des États-Unis : il laisse la Conférence des évêques décider où elle doit aller. Il a aussi offert au séminaire un calice.

Les étudiants et professeurs du séminaire ont ensuite chanté au moment de la photo de groupe autour du pape sur le parvis de la chapelle.

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (Bruxelles), théologie biblique (Rome), lettres classiques (Paris).

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