Dialogue impromptu avec une Carmélite à la gare de Termini

La vocation de toutes les vocations est d’aimer Dieu et son prochain

« La vocation de toutes les vocations est d’aimer Dieu et son prochain », déclare une monaile carmélite rencontrée par le P. Andrea dans le chaos de la gare de Termini, à Rome. Une carmélite attend le train. Le Père Andrea lui demande si elle serait heureuse de répondre à quelques questions, à titre d’interview: réponses du tac au tac!

Nous publions notre traduction de la rencotnre pour donner la parole à la sagesse du Carmel en cette fête de sainte Thérèse d’Avila.

Père Andrea – Comment se sent une carmélite qui voyage hors de la clôture ?

Moniale carmélite – Même en dehors du monastère, mon esprit ne quitte pas le ciel.

Vous êtes absente du monastère depuis un mois. La clôture ne vous manque pas ?

Elle ne me manque pas parce que je la vis au-delà de la grille. Jésus me fascine. C’est lui ma clôture. Vous souvenez-vous du sourire et du regard de Thérèse de Lisieux ? Ce regard d’amour pur s’adressait au monde entier. Je suis entrée au Carmel pour vivre, irradier et révéler cette merveilleuse réalité à ceux qui ont une autre vocation.

Qu’est-ce qui est le mieux : entrer au monastère ou se marier ?

C’est mieux de faire la volonté de Dieu : vivre sa propre vocation

Quelle est la vocation la plus belle ?

La vocation de toutes les vocations est d’aimer Dieu et son prochain.

Dieu préfère celui qui entre au monastère ou celui qui se marie ?

Celui qui aime le plus.

Pourquoi la grille, la clôture ?

La clôture est un signe éloquent de la liberté dont jouit celui qui sait aimer le prochain qui est à ses côtés. Ce ne sont pas les barreaux qui nous gardent ensemble, mais la force de l’amour réciproque.

Pourquoi un habit aussi encombrant et démodé ?

Vous avez reconnu que j’étais carmélite grâce à l’habit que je porte. Tout uniforme n’a de valeur que s’il met en évidence le véritable signe distinctif que Jésus nous a demandé de montrer : « On vous reconnaîtra pour mes disciples si vous vous aimez les uns les autres ». De la clôture, on peut mieux indiquer, comme un phare sur une montagne, que « Dieu seul suffit » et que « celui qui a Dieu ne manque de rien ».

Comment créer une famille dans un monastère ?

En s’assurant que Jésus y est présent. C’est lui qui fait de nous son collège apostolique, c’est lui qui forme toute communauté, toute famille.

Avez-vous pensé à fonder une famille ?

Au monastère, nous sommes une communauté de treize sœurs. L’amour de Jésus a établi entre nous un lien plus fort que le lien humain. C’est lui qui donne sens, force et persévérance à l’amour humain.

Merci, ma sœur, rentrez dans votre Carmel, heureuse de pouvoir servir avec tant de splendeur l’Église et l’humanité. Transmettez notre « merci » à vos consoeurs qui, avec vous, crient au monde entier la joyeuse liberté de celles qui vivent avec radicalité l’essentiel de l’Évangile : cet amour qui est le sel de la terre et la lumière du monde. N’est-ce pas précisément Jean de la Croix qui disait : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » ? Il n’y a rien de plus, ni rien de mieux. Au revoir, de la part du P. Andrea.

Traduction Hélène Ginabat

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