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Dans l’Eglise, « plus l’on a de responsabilités, plus le coeur doit s’élargir »

Exhortation du pape aux nouveaux cardinaux

« Plus s’élargit la responsabilité dans le service de l’Église, plus le cœur doit s’élargir, se dilater à la mesure du cœur du Christ », souligne le pape, qui exhorte les cardinaux à « aimer sans limites » et à « vouloir le bien, toujours et pour tous, y compris pour ceux qui ne nous aiment pas ».

Le pape François a créé 20 nouveaux cardinaux ce matin, 14 février 2015, au cours d’un consistoire ordinaire, à 11h en la basilique Saint-Pierre. Parmi eux, 15 électeurs de moins de 80 ans venant de 14 pays des cinq continents : d’Europe (France, Italie (2), Portugal, Espagne), d’Asie (Vietnam, Birmanie, Thaïlande), d’Amérique latine (Mexique, Uruguay, Panama), d’Afrique (Éthiopie, Cap Vert), d’Océanie (Îles Tonga, Nouvelle Zélande).

La célébration, qui a duré 1h30, a eu lieu en présence du pape émérite Benoît XVI, que le pape François a salué chaleureusement au début et à la fin. L’un des nouveaux cardinaux était absent en raison de son âge : José de Jesús Pimiento Rodríguez, archevêque émérite de Manizales en Colombie, aura 96 ans dans quatre jours.

Après la procession d’entrée et l’allocution du nouveau cardinal Dominique Mamberti, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, la cérémonie s’est poursuivie par la lecture de « l’hymne à la charité » de l’épître aux Corinthiens (12,31-13-13) puis par la profession de foi et le serment de fidélité et d’obéissance au pape des 19 cardinaux présents.

Le pape leur a ensuite remis les insignes cardinalices – barrette, anneau, parchemin : les nouveaux cardinaux se sont approchés du pape, se sont agenouillés et ont reçu leur calotte et leur couvre-chef pourpre à quatre bords, l’anneau cardinalice et le parchemin portant le nom de l’église de Rome dont ils reçoivent le « titre », comme signe de leur appartenance au sénat de l’évêque de Rome, et de leur communion spéciale avec lui.

Au cours de son allocution, le pape a rappelé que « dans l’Église, toute présidence vient de la charité, doit s’exercer dans la charité et a comme fin la charité ».

Il a donné aux cardinaux « l’hymne à la charité » comme « programme de vie spirituelle et pastorale », qu’il résume ainsi : être « des personnes capables de toujours pardonner ; de toujours faire confiance, parce pleines de foi en Dieu ; capables de toujours infuser l’espérance, parce pleines d’espérance en Dieu ; des personnes qui savent supporter avec patience toute situation et chaque frère et sœur, en union à Jésus ».

« Plus s’élargit la responsabilité dans le service de l’Église, plus le cœur doit s’élargir, se dilater à la mesure du cœur du Christ », a-t-il souligné en exhortant à « aimer sans limites, … aimer ce qui est grand sans négliger ce qui est petit… savoir aimer avec des gestes gratuits ».

Le cardinal est appelé à avoir « un fort sens de la justice », « l’intention ferme et constante de vouloir le bien, toujours et pour tous, y compris pour ceux qui ne nous aiment pas » et à être « fasciné par la vérité », qu’il trouve « en plénitude dans la Parole et dans la Chair de Jésus Christ ».

Le pape a mis en garde contre les tentations « de la jalousie et de l’orgueil », de la recherche « de son propre intérêt », du « danger de réagir de manière impulsive, de dire et de faire des erreurs » et « du risque mortel de la colère entretenue, de la rancune » : « cela n’est pas acceptable chez l’homme d’Église ».

« Chers frères, tout cela ne vient pas de nous, mais de Dieu (…) qui accomplit tout cela » lorque les cardinaux sont « incardinés dans l’Église qui préside dans la charité et dociles à l’Esprit Saint qui répand dans les cœurs l’amour de Dieu », a conclu le pape.

Au terme de la célébration, il a également tenu un consistoire ordinaire public pour la canonisation de trois bienheureuses : la Française Jeanne Émilie de Villeneuve (1811-1854), fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres; Marie-Alphonsine Daniel Ghattas (1843-1927), palestinienne, fondatrice des Soeurs du Rosaire de Jérusalem, et Mariam de Jésus Crucifié – au siècle : Mariam Baouardy – (1846-1878), du Carmel de Bethléem.

Le pape a décrété que les trois bienheureuses seraient canonisées le 17 mai prochain, avec une Italienne, la bienheureuse Marie Christine de l’Immaculée Conception, au siècle Adélaïde Brando (1856-1906), fondatrice de la Congrégation des sœurs victimes expiatrices de Jésus Sacrement.

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