Culture/congrès: « La littérature et le catholicisme au XXe siècle »

Les grandes inspirations suscitées par l´expérience chrétienne

CITE DU VATICAN, Jeudi 29 mars 2001 (ZENIT.org) – Au siècle dit « de la mort de Dieu », au contraire, « la relation à Dieu et à l´expérience de la foi chrétienne est à la base de nombreuses œuvres et de grandes inspirations », affirme le cardinal Paul Poupard.

Un congrès sur le thème « La littérature et le catholicisme au XXe siècle: poétique de la foi dans le siècle de la mort de Dieu » était organisé conjointement par le conseil pontifical de la culture et le département des politiques culturelles de la ville de Rome, à la « Maison des littératures », hier, 28 mars. Un parcours présidé par le cardinal Paul Poupard, président du dicastère organisateur, et qui allait de T.S. Eliott a Chesterton en passant par Gide, le Japonais Shusaku Endo, Flannery O´Connor, Graham Green et Evelyn Waugh, et les Italiens, Lampedusa, Tondelli, Pavese, Pascoli, Pompilio. Une première édition de cette rencontre avait eu lieu l´an dernier au conseil pontifical.

« A l´encontre des prévisions les plus funestes, et les plus pessimistes, selon lesquelles le christianisme et Dieu seraient « sortis de la scène » au cours du dernier siècle, affirme le cardinal Poupard, on s´aperçoit au contraire que la relation à Dieu et à l´expérience de la foi chrétienne est à la base de nombreuses œuvres et de grandes inspirations ».

Le cardinal Poupard rappelait certains qualificatifs appliqués au siècle qui vient de s´achever. « Le XXe s. a été étiqueté de tant de façons: le siècle bref, le siècle de la haine et des grandes guerres, des génocides, d´Auschwitz, le siècle de la « mort de Dieu ». On se demande, alors, comment les artistes, et en particulier les écrivains, les poètes et les dramaturges ont vécu et interprété une époque aussi cruciale de l´histoire de l´humanité et quel espace a trouvé la réflexion religieuse dans l´œuvre littéraire et poétique du XXe s. ».

Mais pourquoi s´autoriser à parler de « poétique de la foi »? « On aurait du mal, observait le cardinal, à comprendre la figure et l´œuvre de nombreux écrivains et de poètes du XXe s. sans considérer leur ´background´ catholique, sans analyser à fond leur vision religieuse, leur expérience de foi. Pour chacun d´eux on peut alors parler de « poétiques de la foi » originales, qui ont vu le jour à une époque qui, plus que tout autre, a été caractérisée par la sécularisation, l´athéisme, l´indifférence religieuse ».

De fait, cette journée représentait une véritable tentative de « dialogue », naguère encore difficile. « Aujourd´hui, expliquait le cardinal Poupard, en un dialogue certainement plus serein et non pollué par des préjugés, nous pouvons donc saisir encore mieux le caractère précieux et la beauté, y compris spirituelle, de tant d´œuvres négligées par le passé pour leur arrière fond religieux. Si nous y arrivons, nous contribuerons à un vrai progrès de la culture ». Il souhaitait aux participants de « vivre cette journée d´étude comme un moment de croissance personnelle et de dialogue fécond pour contribuer au développement de la culture, comme un moment fondamental de la vie civile et du progrès de l´humanité ».

Pour les lecteurs de Zenit, le cardinal Poupard précisait que c´était justement la tâche confiée par Jean-Paul II au Conseil pontifical de la culture, issu du secrétariat pour le dialogue avec les non-croyants. Un tel « dialogue » est sa « vocation propre ». Une telle journée, disait-il, nous fait « constater qu´en dépit des stéréotypes qui courent encore dans les esprits, nous sommes tous sur le même terrain, et que malgré tout, pour exister, la pensée « laïque » a besoin du catholicisme ».

Et de souligner le paradoxe de ce siècle à peine achevé: « Ce qui frappe c´est le lien intrinsèque entre catholicisme et culture. Si nous examinons l´histoire de la littérature et la culture qui a caractérisé le XXe siècle, nous notons ce paradoxe: présenté comme la mort de Dieu, ce siècle a présenté une forte « concentration christologique ». Il y a eu une sorte de tension intérieure entre la volonté de se passer de Dieu et l´impossibilité réelle de le faire. L´œuvre de Gide, par exemple, oscille entre le refus déclaré de Dieu, avec une intelligence « froide », pour, comme il le déclare – avec un accent quasi « diabolique » – « mettre l´homme à sa place », et l´impossibilité de se passer de Lui. La correspondance entre Gide et Claudel à ce propos est fascinante ».

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