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Climat : fournir aux plus pauvres la meilleure technologie

Intervention de Mgr Tomasi au Conseil des droits de l’homme

« Aider les personnes pauvres et vulnérables » qui souffrent des conséquences du changement climatique est « une question de justice », affirme le Saint-Siège qui préconise de « mettre à leur disposition le meilleur de la technologie » pour atténuer les effets négatifs.

Mgr Silvano M. Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, est intervenu au cours de la 28e session du Conseil des droits de l’homme (2-27 mars 2015), sur le thème des « obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable », ce 9 mars.

« La jouissance d’un environnement durable est une question de justice, de respect et d’équité », a-t-il déclaré en faisant observer que la dégradation de l’environnement pouvait « porter atteinte » à « un large éventail de droits de l’homme ».

C’est une question de justice d’aider les plus pauvres

Pour le Saint-Siège, la protection de l’environnement doit aujourd’hui être abordée du point de vue de trois déclinaisions de la justice : la justice « contributive » où « tous doivent contribuer en fonction de leurs possibilités financières et technologiques » ; la justice « distributive », afin de « fournir à chaque pays le savoir-faire et la possibilité de développer, de produire des biens et de fournir des services » ; enfin, la justice « réparatrice » qui implique « que ceux qui ont davantage bénéficié de l’utilisation des ressources naturelles, et qui ont davantage endommagé l’environnement, ont une obligation particulière de travailler à sa restauration ».

C’est en effet « une question de justice d’aider les personnes pauvres et vulnérables qui souffrent de causes qui pour la plupart ne sont pas de leur fait et qui sont au-delà de leur contrôle » : « Une étape concrète consisterait à mettre à leur disposition le meilleur de la technologie d’adaptation et d’atténuation » du changement climatique, a estimé Mgr Tomasi.

Alors que « tous les regards sont tournés vers la 21e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui aura lieu à Paris en décembre 2015 », le Saint-Siège souhaite que cet événement aboutisse à « une entente sur un régime international post-2020, où toutes les nations du monde, y compris les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, s’engagent dans un accord universel sur le climat » : « là, les pauvres et les riches seront gagnants », a-t-il insisté.

« La responsabilité de protéger l’environnement, dans les pays développés ou les pays en développement, repose sur les épaules de tous », a ajouté Mgr Tomasi qui préconise de « tenir compte des bonnes pratiques » en la matière, sans tourner le dos au « travail urgent qui reste à faire », en pensant « aux générations futures ».

Droits de l’homme et environnement

Les États sont appelés à « prendre en considération les droits humains lors de l’élaboration de leurs politiques environnementales », a poursuivi Mgr Tomasi : ils doivent, « dans toutes les actions liées au changement climatique, respecter pleinement les droits de l’homme ».

L’archevêque a également souligné « l’obligation d’adopter des cadres juridiques et institutionnels qui protègent contre les atteintes à l’environnement… y compris les dommages causés par des acteurs privés ».

Il s’agit pour les États de « trouver un équilibre entre la protection de l’environnement et d’autres intérêts légitimes de la société ». Cet équilibre « doit être raisonnable et ne pas entraîner des violations injustifiées des droits humains ».

Le Saint-Siège encourage en ce sens la préparation de « rapports de durabilité », qui « décrivent les impacts économiques, environnementaux et sociaux des activités quotidiennes des entreprises », afin d’en « mesurer l’impact » sur les droits de l’homme et l’environnement.

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