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« Cantate Domino », un CD présenté par Mgr Gänswein

Un enregistrement du Chœur de la Sixtine par la Deutsche Grammophon.

Cantate Domino. La chapelle Sixtine et la musique des Papes : sous ce titre, la Deutsche Grammophon présente un CD du Chœur de la chapelle Sixtine, une première, car l’enregistrement a eu lieu dans cette chapelle.

Pour présenter cette première, au Vatican, ce 29 septembre, Mgr Georg Gänswein et Mgr Massimo Palombella, chef de ce chœur de vingt chanteurs adultes et de trente jeunes garçons.

Intervention de Mgr Georg Gänswein

Le Chœur de la chapelle Sixtine, appelée aussi la « Sixtine », fait partie des plus anciennes institutions chorales du monde ; il a la caractéristique unique d’être le chœur du pape. Le nom de « Sixtine », sous lequel il est universellement connu, renvoie à un lieu hautement symbolique, situé au cœur du Palais apostolique du Vatican : la « Capella Magna » de la Maison du pape, construite par Sixte IV et recouverte de fresques des grands peintres du XVe et du XVIe siècle, dont Michel-Ange. Celle-ci propose au croyant et au visiteur une admirable synthèse théologique du salut apporté par le Christ et la loi nouvelle de l’Evangile, attendu par les païens, préparé par l’ancienne loi mosaïque et annoncé par la prophétie de l’Ancien Testament, qui se conclut dans la destinée ultime de l’homme appelé à se mesurer librement à l’annonce de l’Evangile. Bien qu’elle ne soit plus utilisée pour le service liturgique quotidien du Palais et pour les célébrations solennelles du pape, dites précisément « chapelles papales », cette admirable chapelle reste un lieu de culte, dans lequel s’accomplit l’acte solennel de l’élection du pape.

Ainsi la chapelle Sixtine reste, au moins symboliquement et idéalement, le centre spirituel et liturgique de la vie de la Maison du pape et de sa « Famille », à laquelle présidait autrefois le majordome de Sa Sainteté et maintenant le préfet de la Maison pontificale qui, après la réforme de Paul VI, en a recueilli l’héritage, s’occupant aussi des « chapelains chanteurs » ; ces derniers sont des membres très particuliers de la Maison pontificale depuis les temps de saint Grégoire le Grand qui a réorganisé une « Schola cantorum » spéciale dans la résidence papale du Latran. Ces caractéristiques de la chapelle Sixtine et des chanteurs, qui y remplissaient quotidiennement leur service, les a insérés à l’intérieur de la vie de la Maison du pape et fait du Chœur de la Chapelle une émanation de la préfecture de la Maison pontificale qui a comme tâche spécifique d’être un organisme totalement dévoué au pape en s’occupant des audiences et des célébrations papales ; à l’exception de la partie strictement liturgique qui dépend du Bureau des célébrations liturgiques du Saint-Père ainsi que les contextes dans lesquels le pape exerce son activité ordinaire et publique. La Préfecture de la Maison pontificale est le référent du Chœur de la Chapelle pour ce qui concerne sa gestion artistique, administrative et disciplinaire. Il s’agit d’une réalité composite et organisée, formée de vingt chanteurs adultes embauchés par le Saint-Siège et auxquels s’ajoutent une trentaine de « pueri cantores » qui fréquentent l’école élémentaire paritaire rattachée à la « Sixtine ».

La publication d’un CD musical sous la prestigieuse étiquette de la Deutsche Grammophon représente un événement inédit pour l’histoire du Chœur de la Chapelle pontificale, qui atteste la qualité et le professionnalisme qu’a atteint cette institution grâce au travail sérieux et assidu de tous, sous la houlette du directeur et maître, Mgr Massimo Palombella.

La Deutsche Grammophon est en tête dans le secteur du disque ; des musiciens comme Karajan, Bernstein, Richter, Abbado, Barenboim ont enregistré chez elle des chefs-d’œuvre historiques d’interprétation ; c’est maintenant le Chœur de la Chapelle pontificale qui entre ainsi dans cette illustre « famille », signant avec elle un contrat exclusif de cinq ans dont nous ne pouvons que nous réjouir.

Mais je crois interpréter aussi les sentiments des Chanteurs et du Maître de la « Sixtine » en soulignant combien un objectif aussi important est vécu non pas simplement comme un point d’arrivée, mais comme la conséquence d’un travail qui se poursuit pour répondre toujours mieux au mandat propre de cette institution pontificale : servir le ministère pétrinien et évangéliser à travers la musique.

La musique et l’art sont fondamentaux pour le christianisme dans la mesure où ils touchent non seulement les cordes les plus profondes de l’homme mais parce que, quand ils sont destinés à la liturgie, ils aident à exprimer le cœur de l’événement chrétien, c’est-à-dire l’Incarnation. C’est pourquoi, l’Église continue d’investir dans la culture et dans la musique. Le Saint-Siège le fait à travers le Chœur de la chapelle Sixtine, les autres chœurs des basiliques papales et l’Institut pontifical de musique sacrée, sachant bien que la perte de l’art, de la beauté et de la culture signifie perdre un moyen essentiel d’évangélisation et priver le monde de ce rayon de beauté qui laisse entrevoir, pour reprendre Dostoïevski, cette Beauté qui seule, sauve le monde.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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