Benoît XVI met les prêtres en garde contre « l’activisme »

Vêpres de lundi soir à Sainte-Anne

ROME, Mardi 12 septembre 2006 (ZENIT.org) – Benoît XVI met les prêtres en garde contre « l’activisme » : un thème cher au pape qui disait déjà il y a quelques semaines, lors de l’angélus du dimanche, à Castel Gandolfo, le 20 août dernier que l’excès d’activité « endurcit le coeur ».

Le pape Benoît XVI a en effet présidé des vêpres mariales, lundi soir, en la basilique Sainte-Anne d’Altötting, au terme de sa visite dans le sanctuaire marial et à la veille de la fête du Saint-Nom de Marie.

C’est en cette basilique que le cardinal Ratzinger avait, en 1989, le présidé les cérémonies du 500e anniversaire des apparitions d’Altötting.

La vide de l’activisme
S’adressant aux séminaristes, aux prêtres, aux consacrés, le pape mettait en garde: « Là où les prêtres, à cause de leurs grands engagements, permettent que le temps passé avec le Seigneur se réduise toujours davantage, ils perdent alors, en dépit de l’héroïsme de leur activité, la force intérieure qui les soutient. Ce qu’ils font devient un activisme vide ».

Evoquant saint Anne, mère de la Vierge Marie, et avec elle les mères, les pères, les grands-parents et la famille en général, il rappelait qu’il s’agit d’un « milieu de vie et de prière où l’on apprend à prier et où les vocations peuvent mûrir ».

Le pape a consacré son homélie à la vocation à servir Dieu, « sous les yeux de sainte Anne, chez laquelle grandit la vocation la plus grande de toute l’histoire du salut » : celle de Marie.

« Avec chacun de nous, Dieu a un projet, Dieu appelle chacun par son nom. Notre tâche est de devenir des personnes à l’écoute, capables de percevoir son appel ».

Mentionnant en particulier le manque de vocations en Amérique latine, en Afrique et en Asie, ainsi qu’en Allemagne et en Russie, le pape a rappelé la parole de Jésus dans l’évangile de Jean : « Dieu cherche des ouvriers pour sa moisson qui est grande ».

« C’est aujourd’hui, comme lorsque le Seigneur a été pris de compassion pour les foules qui lui semblaient comme des brebis sans berger », précisait le pape.

Il priait : « Seigneur, regarde la tribulation de notre temps qui a besoin des messagers de l’Evangile. Laisse-toi prendre aussi maintenant de compassion ! Regarde le monde et envoie des ouvriers ! »

Citant les paroles de l’ange Gabriel à la Vierge Marie lors de l’Annonciation, le pape ajoutait : « Etre avec Dieu comme envoyés en marche vers les gens : telle est l’essence de la vocation spirituelle du prêtre ».

Quatre moyens pour demeurer avec Dieu
C’est pourquoi le pape donnait aux prêtres quatre moyens pour demeurer « avec Dieu » : « La messe quotidienne, célébrée avec une profonde participation intérieure, la liturgie des heures, la lecture spirituelle des Saintes Ecritures » – c’est-à-dire non pas « déchiffrer des paroles du passé », mais « chercher la parole du Seigneur » pour moi aujourd’hui – et « l’adoration eucharistique grâce à laquelle on peut parler avec Dieu, lui exposer nos questions, nos préoccupations et nos angoisses, nos joies, nos demandes, nos espérances ».

Le pape présentait à ce propos les exemples de la sainte carmélite Edith Stein, et du saint capucin Konrad de Parham, vénéré à Altötting, qui, en regardant le tabernacle, « a appris la bonté inépuisable avec laquelle il traitait les gens ».

Le matin, le pape avait inauguré la chapelle de l’adoration eucharistique, voulue par l’évêque de Passau, Mgr Wilhelm Schraml, à Altötting, dans l’ancienne salle du « trésor » du sanctuaire.

Le pape y voit une « nouvelle salle du trésor » : « Là où naguère on conservait les trésors du passé, des objets précieux de l’histoire et de la piété, on trouve aujourd’hui le lieu du vrai trésor de l’Eglise : la présence permanente du Seigneur dans le Saint Sacrement ».

Le commentaire de saint Bernard sur l’excès d’activité
Citant saint Bernard de Clairvaux, lors de l’angélus du 20 août, le pape expliquait alors: « Il est nécessaire, observe le saint, de se préserver des dangers d’une activité excessive, quels que soient sa situation ou le poste que l’on occupe car – dit-il au pape de l’époque et à tous les papes, et à nous tous – les nombreuses occupations conduisent souvent à la « dureté de cœur », elles ne font que « tourmenter l’esprit, épuiser le coeur et… faire perdre la grâce » (II, 3). Cette mise en garde vaut pour tout type d’occupations, y compris celles qui sont inhérentes au gouvernement de l’Eglise. La parole que Bernard adresse à ce propos au pontife, son ancien disciple à Clairvaux, est provocatrice : « Voilà, écrit-il, où toutes ces maudites occupations qui vous absorbent ne peuvent manquer de vous conduire, si vous continuez… à vous y livrer tout entier, sans rien réserver de vous-même » (ibid.). Combien ce rappel de la primauté de la prière est utile pour nous également ! Que saint Bernard, qui sut concilier l’aspiration du moine à la solitude et au silence du cloître avec l’urgence de missions importantes et complexes au service de l’Eglise, nous aide à concrétiser cette primauté dans notre vie ».

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